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Historique
Danville
Le 19 janvier 1860, les membres du Conseil du Village de Danville se réunissaient pour leur première assemblée régulière et générale mensuelle. Deux grandes caractéristiques se dégagent de l’histoire de cette municipalité : premièrement, le comportement des citoyens eux-mêmes chez qui régnaient l’unité, un esprit d’entraide, d’harmonie, de coopération. Toutes les décisions prises à la table du conseil avaient comme intérêt principal celui de la communauté. Aucune querelles internes ne semble avoir assombri cette atmosphère de sérénité et de compréhension. La deuxième caractéristique est celle d’un village qui, jusqu’en 1920 environ, était sûr de lui-même par son site particulier et enchanteur, par le fait qu’il était le centre des affaires et le cœur de la région.
Avant 1860
La Ville de Danville a été érigée en municipalité de Village en 1860, mais son histoire remonte à bien avant cela. Elle comptait déjà, à cette époque, 600 citoyens. Son histoire est entièrement liée à la Ville de Richmond, au Canton de Cleveland et au Canton de Shipton.
Territoire
Au début, le territoire englobant Danville, Asbestos, Richmond, Cleveland et Shipton était connu sous un seul nom, celui du Canton de Shipton. En 1855, le Canton de Cleveland fut détaché de celui de Shipton. À ce moment, Danville était considéré comme le plus gros village de ce vaste canton. C’est en 1797 que les officiers du gouvernement vinrent tirer les lignes du Canton de Shipton, et en 1801 que Shipton fut reconnu alors comme canton. Les gens, à ce moment, avaient l’habitude d’appeler notre ville Danville en l’honneur de certains pionniers venant de Danville, dans le Vermont. Toutefois, le nom de Danville ne fut reconnu officiellement qu’en 1860.
Les premiers pionniers à s’installer arrivèrent dans la région à pied, munis de haches et transportant leurs provisions sur leur dos. Puis, un autre a amené sa famille dans la région, après avoir fait le trajet en canots d’écorce conduits par des Indiens. Par la suite, deux autres sont arrivés avec une vache et un bœuf. Par après, les conditions de transport devinrent plus faciles et les gens pouvaient alors se servir des moyens de locomotion du temps et s’entraider davantage.
Le premier chemin pour se rendre de Lennoxville à Richmond fut aménagé en 1802 : il n’avait que 15 pieds de large. Le suivant fut celui de Richmond à Danville, complété ensuite jusqu’à Québec en 1811. La majorité du travail fut exécuté par les soldats du 49e Régiment sous la direction du gouverneur Craig, et fut appelé chemin Craig. Fait intéressant : les citoyens de la région se taxaient eux-mêmes en s’imposant un certain nombre de journées de travail par année pour améliorer les routes.
En 1817, il était possible de recevoir du courrier à Richmond une fois par semaine, alors qu’auparavant on ne pouvait en recevoir rarement plus d’une fois par année.
Un premier moulin vit le jour en 1812, puis un second, un peu plus tard. En 1856, il existait dans Shipton 11 moulins à scie, 4 meuneries et 2 moulins à farine. Le premier marchand a ouvert ses portes en 1825, puis plusieurs ont suivi. Puis, se sont installés un forgeron, un directeur de funérailles, les premiers maçons, un avocat, une tannerie, des médecins.
En 1860, lorsque le Village de Danville fut érigé civilement, son inventaire affichait comme suit : population – 600 habitants; évaluation imposable – 70 355 $; 66 électeurs; 5 églises; 9 magasins généraux; une académie; une ferronnerie; des moulins; une tannerie; une fonderie et des manufactures de meubles et de voitures. La plupart de ces industries étaient activées par le ruisseau Burbank.
De 1860 à 1896
Danville progressa rapidement par la suite. De nouveaux magasins furent construits; de nouveaux moulins et de nouvelles industries surgirent. Les habitations étaient meilleures et la ville jouissait d’une prospérité évidente.
Malheureusement, comme certaines autres villes, Danville fut victime d’un incendie désastreux. Le 14 mai 1882, le feu se déclara dans les cendres de lessive et dans la chambre à fournaise d’une entreprise. Activé par le vent le plus violent jamais connu à Danville, le feu se répandit rapidement et brûla plus de la moitié du village : des maisons, la tannerie, la manufacture de courroies, le magasin général, des granges, des résidences, l’Académie, des dépendances, des magasins, pour une perte totale de 200 000 $.
De 1896 à 1960
En 1901, existaient à Danville, une industrie de meubles, une manufacture de courroies, une tannerie; deux ou trois entreprises privées fabriquaient des voitures. Il y avait aussi le plus grand établissement pour fins agricoles dans la région des Cantons-de-l’Est. Danville était aussi reconnu comme le centre des affaires de la région et avait aussi son journal, le Danville Times.
À compter de 1900, il est possible de constater l’augmentation sensible du nombre de «Canadiens-Français», et le milieu des affaires vit s’afficher leurs noms.
Les services publics commencèrent à se développer. Autour de l’année 1898, on vit l’électricité s’installer. En 1906, quelques citoyens étaient assurés du service d’eau.
En 1946, un important développement domiciliaire s’est effectué sur le côté nord-est de la ville. Puis en 1950, un second développement s’est fait du côté sud-ouest de la ville.
Déjà en 1960, Danville est considéré comme un site enchanteur et résidentiel, et l’harmonie y règne : en 100 ans, il n’y a eu que 16 élections municipales.
Les banques
La première banque à ouvrir ses portes à Danville fut la Banque d’Halifax en 1897. En 1904, avait lieu la fondation d’une première Caisse Populaire. Puis, la Banque de Montréal, la Banque de Commerce et la Banque Provinciale vinrent s’établir. En 1945, une deuxième Caisse Populaire fut fondée. Danville accueille alors également une mutuelle d’assurance : La Mutuelle Feu de la Paroisse Ste-Anne-de-Danville, fondée en 1928.
Commission scolaire catholique
En 1901, l’école du village avait au moins 30 ans et elle était située près du presbytère à l’endroit où était érigé le pensionnat des Dames de la Congrégation Notre-Dame. Les religieuses sont arrivées en 1906 et les Frères du Sacré-Cœur en 1907. Ces derniers dirigeaient l’Académie Masson, construite en 1907, détruite par un incendie en 1927, et reconstruite par la suite. En 1956, la Commission scolaire se vit obligée de construire une nouvelle école et Danville se vit alors pourvue d’une des plus belles institutions d’enseignement de la région : l’École Mgr-Thibault.
Le couvent
Le 5 septembre 1906, deux religieuses de la Congrégation Notre-Dame arrivaient et commençaient, dès le lendemain, à enseigner. Elles ont habité un an et demi chez le sacristain de la paroisse. Le 4 janvier 1908, elles purent se loger dans le nouveau couvent. Le 9 janvier, l’institution recevait ses six premières pensionnaires et une première messe était célébrée deux jours plus tard. En juin 1956, les anciennes célébraient avec éclat le cinquantenaire du Pensionnat Notre-Dame-du-Rosaire de la Congrégation Notre-Dame.
L’horloge
De 1914 à 1956, l’horloge installée sur le toit de l’immeuble de la Banque Canadienne de Commerce tinta les demi-heures et les heures. Ainsi, tous les citoyens pouvaient savoir l’heure sans regarder leur montre. En 1956, on dut l’arrêter de sonner car le poids de la cloche et la vibration occasionnée par le frappement du marteau menaçaient de causer des dommages à l’édifice. Après entente, il fut résolu de faire descendre la cloche de 1730 livres; le marteau seul faisait environ 60 livres.
La Paroisse Ste-Anne-de-Danville
Au point de vue religion, la paroisse de Danville fut une mission desservie d’abord par les curés de Saint-Félix-de-Kingsey. Après 1850, la mission passa aux curés de Richmond. En 1862, une première requête provenant des catholiques de Danville à l‘évêque de Trois-Rivières demandait un prêtre résident. À ce moment, la mission avait sa chapelle, bâtie sur le vieux chemin, non loin du cimetière protestant. En novembre 1865, ils réitèrent leur demande. Le 4 décembre suivant, ils gagnent leur point. En 1882, on parle d’une nouvelle église qui sera érigée en octobre 1884.
Un groupe de Carmélites, venant du Vietnam, vinrent s’installer dans leur nouveau monastère en 1957.
Monument des Braves
En 1919, au centre du quartier des affaires de Danville, fut érigé un monument en l’honneur des Braves tombés au champ d’honneur pendant la Première Guerre mondiale et portant la mention «Nous reposons sous d’autres cieux, afin que vous puissiez vivre en paix». Plusieurs souscriptions généreuses furent données par des sociétés locales et par des individus.
Saviez-vous que…
- le 4 novembre 1879, le Village de Danville a demandé pour la première fois des soumissions pour l’entretien des chemins d’hiver?
- le 11 juin 1895, il a été question à la table municipale de construire un train électrique reliant Danville à Asbestos? En 1920, la question est de nouveau discutée.
- en 1896, le conseil avait refusé de construire un marché public?
- le village de Danville possédait son système électrique, lequel fut vendu à la Shawinigan Water & Power Co. Ltd. en 1929?
- c’est en 1913 que M. MacLeay faisait don au village de l’horloge présentement installée sur la Banque Canadienne de Commerce?
- en 1920, le Dr R. H. Stevenson fait un rapport au Conseil à l’effet que l’odeur du ruisseau est fort désagréable?
- en 1879, le loyer de la salle de l’Hôtel de ville est de 1,20 $ par soir en été, plus 0,50 $ par soir, en hiver, pour le chauffage?
- en 1885, le comité de l’Hôtel de ville défend de louer la salle municipale pour les danses?
- Danville a tenu des expositions agricoles dont la renommée avait dépassé les frontières provinciales?
- après 67 ans de bons et loyaux services, les sept poêles à bois de l’Hôtel de ville furent mis au rancart pour des raisons de protection contre les incendies? L’ironie du sort voulut que six jours après la mise en opération du nouveau système de chauffage, l’Hôtel de ville fut incendié à cause d’une défectuosité quelconque de la fournaise. Les choses modernes font parfois regretter les vieilles choses du temps passé…
- les Conseils de Shipton et de Danville ont porté une cause jusqu’en Cour Suprême à la suite de l’incendie de l’Hôtel de ville en 1938?
- en 1877, le village paie pour planter la série d’arbres se trouvant sur les rues Academy et Grove?
- en 1914, il existait à Danville un marché qui a vendu pour 42,000 $ de fromage en une seule journée?
- en 1952, le maire Bert J. Barlow s’est servi, pour la première fois, de son droit de veto sur une résolution des conseillers. C’était la première fois qu’un tel incident se produisait dans les annales municipales.
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